Quel est, dans le contexte énergétique actuel, la légitimité du sport automobile? Peux t'on encore aujourd'hui consommer autant de pétrole et d'autres ressources, produire des gaz à effet de serre, uniquement pour un spectacle? La question, si je ne peux la trancher, mérite, me semble t'il, d'être posée.
Prenons la F1 par exemple, vitrine du sport auto mondial: une F1 consomme environ 100l/100km (!) et si l'on prend les statistiques de la saison 2008 ce sont 95690 km qui ont été parcourus en course soit 95690 litres d'essence rien que pour la course. Si on y ajoute les essais et les qualifs on peux raisonnablement doubler: près de 190 000 l par saison... alors c'est une goutte d'eau dans la consommation mondial. Même si à ceci s'ajoute les rallyes, les courses de motos, les raids, les indy, les GT... ?
F1
On peut toujours penser que cela est symbolique par rapport aux consommations mondiales. Il n'empêche: tous les sports mécaniques cumulés (pensez aussi aux avions de loisirs) l'impact sur les émissions de gaz à effet de serre n'est sans doute plus anecdotique. D'autant plus si l'on rajoute à cela les loisirs mécaniques type quads, 4x4 etc pratiqués par monsieur tout le monde... on n'est plus dans le symbolique là, non?

Mais la symbolique, c'est aussi cela le problème: à l'heure où l'on parle d'économiser le pétrole, de limiter l'usage de la voiture car ses conséquences sur le climat sont désastreuses, l'image du sport automobile est à contre-courant. Il continu de véhiculer (c'est le terme!) une image de pétrole disponible, que l'on peut bruler sans conséquences....bien loin de la réalité. Le summum dans ce symbole deu gaspillage energetique est sans doute le Grand Prix de F1 de Singapour qui, pour être original, est couru de nuit: un poteau avec 8 projecteurs placé tous les 32 mètres sur les 5067 que compte le circuit, un éclairage 4 fois plus puissant qu'un stade de foot.... du délire énergétique!

Alors comment peut on se positionner par rapport à cela? La question, un peu provocatrice, est donc: peut-on être écolo et aimer le sport automobile? J'aurai tendance à dire non, de manière à dire stop à cette consommation énergétique superflue, à en faire un symbole fort de la volonté de réellement réduire nos émissions...mais j'ai peur d'être utopiste.
Les pratiquants et les spectateurs du sport automobile sont-ils tous des inconscients qui se moquent des conséquences de la consommation énergétique? Surement pas! Je suis sur qu'une majorité d'entre eux est d'accord pour lutter contre le réchauffement climatique, sans doute ont ils éteins leur lumière une heure le 28 mars,,, mais qu'on ne touche pas au sport! C'est sacré! Le sport justifie alors tous les excès écologiques... une preuve? Avez-vous déjà entendu débattre de cette question dans un magazine sportif?